Lorsque l’on réfléchit à l’intelligence d’un enfant, il faut garder à l’esprit que ce n’est pas une question simple. C’est le résultat d’une interaction complexe entre ce que nous héritons de nos parents et la réalité du monde qui nous entoure. On ne peut pas affirmer facilement que l’intelligence vient « de maman » ou « de papa », car c’est une caractéristique façonnée par une multitude, littéralement des milliers, de gènes. Et puis, l’environnement dans lequel l’enfant grandit revêt une importance tout aussi grande. Ce n’est pas comme si l’un avait un avantage sur l’autre : souvent, leur influence est tout simplement comparable.
D’où vient donc cette empreinte génétique de l’intelligence ?
Imaginez que notre intelligence ne dépende pas d’un ou deux gènes spécifiques, mais de toute une armée de milliers de variantes génétiques, disséminées dans tout notre ADN. Chacune d’entre elles a en soi un impact minime, mais lorsque toutes ces minuscules particules agissent ensemble pour former un certain réseau, c’est là que naît notre potentiel cognitif. On dit que les gènes expliquent environ 40 à 80 % des différences de QI entre les individus. C’est vraiment beaucoup, n’est-ce pas ?
Existe-t-il des « supergènes » responsables de l’intelligence ?
Il n’existe pas de « gène de l’intelligence » unique. Les scientifiques ont certes identifié de nombreux gènes dont les différentes variantes peuvent influencer nos capacités cognitives. Par exemple, le gène HMGA2 est lié à la taille du cerveau et au QI, tandis que le gène SHANK3 est associé au QI et à l’autisme. On peut également ajouter à cette liste les gènes DRD2, COMT, ADRB2, CHRM2, DTNBP1, GAD1, NOSTRIN, KCNH7, TBR1, DLX1 et DLX2. Mais n’oubliez pas qu’il ne s’agit là que d’une poignée d’exemples : en réalité, des milliers de gènes sont impliqués dans ce processus.
Quelle est l’ampleur de cette influence génétique sur nos cellules grises ?
Les gènes jouent un rôle vraiment important dans le développement de l’intelligence. Les scientifiques ont déjà identifié des centaines, voire des milliers de petites variations dans l’ADN (appelées « polymorphismes nucléotidiques simples », ou SNP) qui sont liées à l’intelligence. Les chiffres varient selon les études, mais on estime que l’hérédité des capacités cognitives, sur la base de ces variantes, se situe entre 27 et 29 %. D’autres études suggèrent que les gènes pourraient même être responsables de 40 à 70 % des différences d’intelligence entre les individus.
